The Slew, c'est simple, c'est Kid Koala, Dynomite D (beatmaker des Beastie Boys) et la section rythmique des rockeurs de Wolfmother. 100% est à l'origine la BO du désormais avorton de reportage sur The Slew, groupe de rock des années 70.
A l'origine donc, le projet de Kid Koala (Eric San de son vrai nom) et Dylan J Frombach (alias Dynomite D) est mis en place pour réaliser la bande son d'un reportage en cours de production sur The Slew, un groupe de rock des années 70 originaire de Seattle - et complètement méconnu - emmené par le multi-instrumentiste et discret Jack Slew. A l'époque, il rêve d'une carrière musicale, il construit son propre studio, se met en quête d’un label, mais les refus se multiplient. Un seul opus finira par voir le jour et émerger de la multitude de titres inachevés: “Dust Commander”…tiré à 50 exemplaires en white label, et distribué par Jack lui même auprès des disquaires du coin. Autrement dit, le succès ne sera jamais au rendez-vous.
En 2005 cette histoire intéresse Jay Rowlands, un rare fan du groupe, qui arrive à convaincre Mr Slew de faire un reportage sur lui tout en obtenant les masters de l'époque. Ces derniers arrivent dans les mains douées de Kid Koala et Dynomite D pour en faire une œuvre contemporaine en guise de bande originale. Mais ce n'était sans compter sur l'abandon de Jack Slew en cours de réalisation, surement un dernier pied de nez à l'industrie musicale qui l'a toujours recalé.
Forts comme des Koalas, Eric San et Dylan J Frombach ne déclarent pas forfait pour autant et lors d'une rencontre avec le groupe australien Wolfmother, ils parlent de ce film et de cette musique de nouveau perdue. Chris Ross et Myles Heskett aiment aussitôt ce qu'ils entendent et se joignent au projet pour en assurer la rythmique. The Slew renait encore une fois de ses cendres et est ainsi prêt à arpenter les routes pour une tournée.
Loin d'un simple remixe de samples rock, 100% est une œuvre à part entière qui prouve de nouveau, 10 ans après l'excellent Brainfreeze de DJ Shadow et Cut Chemist, que le turntablism n'est pas une imposture musicale de plus, mais un réel moyen de faire et de créer de la musique. Tout est étudié de bout en bout. Pas un scratch n'est placé au hasard, la place de la partie instrumentale ou turntablist est étudiée, pour obtenir un album fracassant, digne des meilleurs moments de Woodstock avec cette petite touche de deejaying qui en fait une œuvre contemporaine.
C'est ainsi que des les premiers instants, on se laisse emporter par un savant mélange de scratch, de riff de guitare bien gras et d'une légère touche de blues, ne laissant présager que du bon pour la suite. Mais tous les thèmes sont ici abordés avec une reprise de Led Zeppelin - sorte de signature du Koala - avec Robin' Banks (Doin' Time). Cependant, le gros tube de cet opus est bien surement It's All Over, réelle perle de grunge remixé avec son entêtant "People don't have the power to change things anymore". Il serait bien trop long de détailler chacun des morceaux, car 100% ne se décrit pas, il s'écoute et se vie.
Même si le tout rend à la perfection en digital, il est noter qu'avant tout c'est un show et non un disque. C'est pourquoi The Slew est à 100% sur scène, avec six platines, une batterie, une basse et un synthé prêt à vous délivrer ses scratchs ravageurs et ses riffs détonants.

100%
It's All Over
Problem Child
You Turn Me Cold
Wrong Side Of The Tracks
Robbing Banks (Doin' Time)
The Grinder
Shackled Soul
Southeast Soluloquay
Battle Of Heaven & Hell
Dim lights
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