Nous vous avions déjà parlé d'Emika à deux reprises, la première fois pour une brève découverte de l'artiste et une deuxième fois durant le mois d'octobre à l'occasion de la sortie de son album. Si Sam n'avait pas été tout de suite séduit, il avait néanmoins salué l'originalité de ses compositions ainsi que le caractère personnel de sa musique. Originaire de Bristol, Emika fait ses premières armes au piano dans un répertoire classique. Comme elle l'explique dans une interview, son premier contact avec la musique électronique s'est fait à l'école alors qu'elle utilisait des ordinateurs qui avaient été stockés dans la remise. Elle obtient par la suite un diplôme en musique (orienté vers la MAO et les nouvelles technologies) dans la ville de Bath, non loin de Bristol. En 2006 elle arrive à Berlin et, inspirée par la scène musicale de clubs comme le Berghain et le Panoramabar, elle décide d'y rester.
En ce début du mois de novembre Emika est donc venue rendre visite au peuple parisien histoire de faire vibrer la cale du Batofar à gros coups d'infrabasses. Le moins que l'on puisse dire c'est que les fans de musique électronique ont répondu présent. Comment les reconnait-on ? Si un premier coup d’œil ne suffit pas, dites-vous bien qu'un tee-shirt arborant le nom du logiciel de composition “Ableton” est un signe qui trompe rarement. Quoi qu'il en soit, on se sentait ici en présence d'un public de connaisseurs.
Au final, si nous avons eu le droit à un set électro au confluent des scènes anglaise et berlinoise, c'est bel et bien l'influence de la techno minimale qui m'a paru prédominer sur celle du dubstep. À tel point qu'en fermant les yeux quelques secondes je me serais presque cru dans les immenses salles du Tresor, le mythique club installé dans une ancienne centrale électrique du centre de Berlin (allez y faire un tour si vous en avez l'occasion, vous ne serez pas déçus). Plutôt que de surfer sur une mode dans l'air du temps, Emika s'affilie à une lignée d'artistes qui ont toujours revendiqué leur caractère alternatif. Elle est d'ailleurs une adepte de la devise “Do it yourself” (DIY) souvent rattachée à la période de floraison de la culture techno berlinoise. Ajoutez à cela une voix suave qui ne fait qu'amplifier l'ambiance sombre et onirique et vous pourrez vous faire une idée de la jolie performance assurée par Emika. Et pour les quelques sceptiques qui n'avaient pas encore été séduits à la fin du concert, c'est le sourire aux lèvres que la diva techno s'est mélangée à la foule pour distribuer quelques cartes de visite et converser avec son public. Plutôt classe.















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