Pour une première fois, nous avons eu l’immense privilège d’être invités au 2/3 du Main Square festival, c’est-à -dire 2 jours sur 3. Nous avons donc pu assister aux concerts donnés sur la Grand’ Scène et sur la Green Room le vendredi 1er et le dimanche 3 juillet. Mais, avant toute chose, laissez nous vous présenter le festival d’Arras.
Le Main Square- Un succès jamais démenti !
L’histoire démarre en 2004 quand France Leduc Production décide d’organiser un concert sur la Grand’Place d’Arras, où va se produire le groupe Placebo. Succès immédiat auprès du public et de la ville !
En 2006, FLP et la ville d’Arras décident de réitérer l’expérience pour deux soirées, regroupées pour la première fois sous le nom « Main Square Festival ». Ce sont alors Depeche Mode et Muse qui assurent le show !
2007 sera une continuité de l’année précédente avec la venue d’Indochine, Ayo, Air,…
En 2008, France Leduc et Herman Schueremans, créateur de Rock Werchter, s’associent au sein de Live Nation France Festivals. Cette collaboration va permettre au festival d’amener plus de grands noms internationaux comme Radiohead, The Chemical Brothers, ou encore Mika. Ca y est ! Le festival rentre enfin dans la cours des grands.
En 2009, le festival poursuit sa lancée avec une programmation exceptionnelle : Coldplay (seul festival en France en 2009), Kanye West, Lenny Kravitz, Moby, etc.
En 2010, victime de son succès, le festival déménage à la Citadelle d’Arras, afin d’offrir plus d’espaces et une seconde scène au public venu parfois de très loin, toujours plus nombreux. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce site est un lieu idéal pour un festival. Cette année 2010 aura également son lot de têtes d’affiches avec la venue de JamiÂroquai, The Black Eyed Peas , Pearl Jam, Ben Harper, -M-, Rammstein, Pink, Phoenix, etc.. Ainsi, le festival ne comptabilisera pas moins de 35 000 spectateurs quotidiens !
2011 ne dérogera pas à la règle avec près de 100 000 spectateurs sur les 3 jours !

Voilà pour l’historique. Passons maintenant à ce qui nous intéresse le plus : le festival en lui-même. L’édition 2011 du Main Square Festival nous a offert une flopée de grands noms: Limp Bizkit, Queen Of The Age, Linkin Park, Moby, The Chemical Brothers, Portishead, Coldplay,… Ainsi que quelques nouvelles révélations comme Shaka Ponk, Selah Sue, Puggy, Julian Peretta,… Pour la liste complète des artistes, nous vous invitons à jeter un œil sur notre dernier article : http://www.musique-culture.com/index.php/festival/34/1581-main-square-festival-2011-la-programmation
Etant donné la grandeur de l’évènement à couvrir (2 scènes avec des cadences trop rapides pour l’UNIQUE envoyé spécial !), les petits « retards » à l’allumage qui reste parfaitement compréhensible vu l’ampleur du dispositif mise en place (nous n’avons pas pu voir les concerts de The Gaslight Anthem et The Pretty Reckless pour quelques problèmes « administratifs »), et le fait que nous ne soyons invités que le vendredi et le dimanche, nous n’avons pu assister à tous les concerts, nous n’avons pas pu nous faire une idée sur tous les artistes ( il y en avait plus de 40 !). Mais ces quelques indispositions n’ont pas eu raison de notre motivation et de notre satisfaction d’être là , dans l’un des plus grands festival d’Europe. Et c’est donc avec le plus grand plaisir qu’on vous livre ici nos « Coups de Cœur » du Main Square Festival.
Nos « Coups de Cœur » du Festival !
Shaka Ponk : L’année du Singe !
Ce collectif parisien a fait du chemin depuis leur début en 2004. Trois albums plus tard, dont le dernier « The Geeks And The Jerkin’ Socks » sorti le 6 juin dernier, les voilà sur la Grand’ Scène du Main Square ! Et tout ce qu’on peut dire, c’est que sur scène, ils sont énormes ! Quasiment plus rien à envier à Limp Bizkit ou Queen Of The Stone Age ! Entre les lignes de basses à vous retourner le cœur et la tête et les riffs punk-rock maitrisés à la perfection, sans oublier la petite touche d’électro, ça balance pas mal à Arras ! Ion envoi du lourd à la batterie pendant que Frah improvise un show fait de sauts, de pirouettes, et de galipettes en tout genre, le tout à côté d’une Samarah imperturbable. Fanta, qui avait choisi leur chanson « Hell’O » pour leur campagne de pub de 2003 ne s’était pas trompé : ce groupe est totalement givré ! Shaka Ponk est une véritable explosion punk sur scène ! On est loin de l’image du petit bonhomme à lunettes scotché devant son ordi… Et pourtant, c’est bel et bien sur des machines qu’ils ont composé l’intégralité de leur album. Après tout, leur mascotte est un singe virtuel totalement déganté (appelé Goz)! Voilà qui résume bien le groupe : « geeks » à la vie et « singes » sur scène !
Petit bémol : les Shaka Ponk n’ont pas pu être accompagnés de l’écran central, inutile en plein après-midi. Goz, le singe virtuel, a donc du se contenter d’un second rôle sur les écrans de côté, laissant ses acolytes faire le show. Mais ces derniers avaient préparé pour l’occasion une petite surprise : ils s’étaient en effet peints un costume noir, blanc et rouge sur la peau ! Le Body-painting, il fallait y penser ! En pleine promo de leur nouvel album (ils étaient au Main Square, ils seront aux Vieilles Charrues), les Shaka Ponk vont faire beaucoup de bruit ! Si d’après les chinois, 2016 est l’année du singe, 2011 sera inévitablement l’année du Goz ! On vous aura prévenu !
+ INTERWIEW: http://www.musique-culture.com/index.php/itw/item/1702-interview-shaka-ponk-main-square-2011
Jenny & Johnny : L’amour avec un grand J !


On ne connaissait pas ce joli duo américain, et franchement, on est conquis ! Couple à la vie et duo sur scène, leur histoire est digne des plus beaux romans photos. Actrice de séries télé et de quelques teen movies, Jena Lewis commence sa carrière de chanteuse avec le groupe Rilo Kiley. Jonathan Rice, quant à lui, a déjà sorti plusieurs albums éponymes. Ils se rencontrent sur l’album « Momofuku » d’Elvis Costello. C’est le coup de foudre sur tous les plans : artistique comme personnel ! Après avoir travaillé sur les albums solos de sa belle, Johnny décide, avec Jenny, de travailler sur un projet commun qui les réunira sur scène. Fort de leurs expériences communes, ils composent alors entre la Californie et le Nebraska les morceaux de leur premier album « I’m having fun now ».
3éme groupe à passer sur la Green Room le vendredi, Jenny & Johnny ont su rafraîchir par leurs ballades courtes et faciles un public assommé par le soleil du Nord (oui ! Il faisait très chaud !). En total opposition avec les grosse basses de l’arène d’à côté (la Grande Scène, aussi appelée Main Stage est située en plein centre de la Citadelle, espace fait de sable et de cailloux donnant l’impression d’être dans une arène), la musique du duo américain était en parfaite adéquation avec l’esprit de la Green Room, plus « festival » puisque la scène est entourée d’herbe. Le public avait donc le choix de rester debout pour se rapprocher au plus de la belle Jenny, habillée en robe et haut blanc pour l’occasion, ou de s’éloigner un peu pour profiter du son assis dans la pelouse. C‘était en tout cas une très belle découverte pour nous, tant ce duo se complète merveilleusement bien (on espère qu’il en est de même à la vie). Jenny est aussi à l’aise à capella que sur les notes de guitare de son compagnon, et quand il chante à deux, c’est encore mieux. On ne se souvenait pas que la musique pouvait être aussi simple et belle. Et on se voit déjà , les cheveux dans le vent, partir en vacances dans notre bonne vieille coccinelle avec une cassette audio des Beatles … La nostalgie, il n’y a que ça de vrai ! Oui ok, vous avez raison ! On est peut être déjà amoureux…
Selah Sue : La confirmation !

On ne connaissait pas cette jeune artiste belge, et franchement, on est conquis ! Non, on vous taquine ! Cela fait déjà plusieurs mois que Selah Sue fait parler d’elle, et pas qu’un peu ! On vous l’avait d’ailleurs déjà présenté, dans un article publié le 10 mai dernier : http://www.musique-culture.com/index.php/chroniques/item/1586-selah-sue-la-nouvelle-%C3%A9toile-venue-de-belgique.
Connaissant le talent de ce petit bout de femme, nous n’étions pas devant la Green Room par hasard ! En effet, après avoir autant entendu parler d’elle et n’ayant pas eu la chance de l’avoir en interview, on se devait de la voir en chair et en os, sur scène ! Alors ce vendredi 1 juillet au Main Square était une occasion à ne pas manquer ! On est donc venu, on a vu… Et elle a vaincu ! Décidément, cette Selah Sue, quelle bête de scène ! Il est loin le temps où la jeune étoile passait des heures dans sa petite chambre à jouer de la guitare en rêvant d’un destin à la Lauryn Hill, son idole de toujours. Avec une voix chaude, puissante, profonde, légèrement éraillée, et fausÂsement fragile (elle passe d’une intro à la voix digne des grandes chanteuses Rn’B à un chant dub très dur et rythmé en un clin d’oeil!), Selah Sue communique une force et une détermination assez unique en son genre. On ne voit et on ne regarde qu’elle ! Entre ses frasques vocales, ses mimiques, et son chignon d’une grosseur à faire pâlir tous les coiffeurs, elle a su se créer un vrai personnage, touchant, drôle, charismatique ! Avec un univers reggae-ragga qui n’est pourtant pas le meilleur atout pour se faire une place dans l’énorme programmation du Main Square (un des rares artistes, ou la seule à faire du reggae !), elle a su s’imposer, avec force et classe, là où d’autres noms s’étaient illustrés auparavant ! A 22 ans, Selah Sue a déjà tout d’une « Grande » ! Et quand elle prend sa guitare sèche pour interpréter son titre « Raggamuffin », même les musiciens (de très bonne facture !) qui l’accompagnent restent sans voix ! Selah Sue en concert, c’est un vrai régal ! Et une confirmation !
Rivals Sons: « Stairway To Heaven » !
Ah! Enfin du rock, du vrai! Celui qui vous prend au trip, qui vous met une bonne claque à la figure ! Avec un chanteur aux faux airs de Robert Plant (jusque dans les mimiques de scène, la tenue du micro et la façon de chanter !) et des riffs de guitare secs et planant, on se dit que Rivals Sons a bien appris de ses pairs Led Zeppelin, voire tout pris ! Vous nous direz, on a déjà vu pire comme source d’inspiration ! Après tout, le plus important en musique, c’est de bien choisir ses idoles : Mick Jagger et Keith Richards ont tout « piqué » au blues de Muddy Waters, David Bowie s’est largement inspiré de Lou Reed et des Velvet Undeground, puis Aubert et Bertignac ont tout « piqué » aux Stones,… Même notre Johnny nationale a du passer sa jeunesse à répéter les pas de danse d’un certain Elvis Presley ! En tout cas, sur ce plan là , le groupe Rivals Sons a une bonne longueur d’avance sur les autres !
Formé en 2008, ce groupe originaire de Los Angeles ne met pas longtemps avant de faire parler de lui. Volontairement influencé par les Beatles, les Doors, et donc Led Zeppelin, les Rivals Sons ont su puiser au plus profond du blues, du gospel et de la soul quelques ingrédients magiques qui font la différence entre une bonne chanson et une Grande chanson : passion, sincérité et danger. Avec un rock n’roll travaillé « à l’ancienne », une voix à la fois puissante et fragile, des riffs de guitare bien placés, et un batteur énervé, ils sont bien une des révélations, sinon LA révélation de ce festival 2011 ! C’est le genre de rock qu’on écoute assis dans son sofa dans une pièce légèrement éclairée, les yeux à demi clos, un verre de scotch à la main… Entre leurs chansons « Get Whats Comin’ », « Tell Me Something » et « Soul », il y a de quoi avoir la chair de poule ! D’ailleurs les média anglo-saxons ne s’y sont pas trompés en les désignant comme LE groupe à suivre en 2011 ! Peut être le début de la gloire… et du paradis (d’où « Stairway To Heaven »). On regrette juste que les solos de guitare, au demeurant plus que bons, n’atteignent pas la folie de ceux de Jimmy Page. Mais là , on en demande peut être un peu trop…
Charles Bradley: The « Love » Machine!
Décidément, ce dimanche 3 juillet est la journée des sosies. Après celui de Robert Plant (Rivals Sons), voici le sosie du roi du Funk : James Brown ! D’ailleurs, l’intéressé ne s’en cache absolument pas. Comme son idole, Charles Bradley chante le funk et la soul avec une sincérité à toute épreuve, une énergie monstrueuse et une voix à vous faire sortir un mort de sa léthargie ! Et comme son idole, Charles Bradley n’a pas eu une vie facile… Comme il le chante dans l’autobiographique « Why Is It So Hard », la vie n’a pas été un lit de pétales de roses… Ou du moins, quelqu’un a oublié d’enlever les épines ! Car Bradley est bel et bien un écorché originaire de Floride à l’époque où la ségrégation tyrannise encore la population noire. Mais il est surtout un rêveur et un grand voyageur puisqu’il n’hésite pas à quitter son Etat natale pour rejoindre New York où il se dégotte un job de cireur de chaussure. Parallèlement, il découvre les joies de la scène sous le pseudonyme de Black Velvet, puis fera pendant 15 ans l’imitateur sosie de l’enfant terrible James Brown. C’est bien plus tard que Charles Bradley trouvera la force de renaître sous le label Daphtone Records. Alors émancipé du surnom de « James Brown Jr. », le chanteur va enfin pouvoir chanter les chansons qu’il a lui-même écrites et enregistrées avec le groupe Menahan Street Band. A 62 ans, cet oublié de la Soul publie son premier album, un disque qui par sa couverture vintage pourrait sortir d’un vieux grenier poussiéreux d’un collectionneur de vinyle. Sur la mélodie du groupe Menahan Street Band (qui le suit maintenant partout), Charles chante ce qu’il a vécu : une enfance dans la dèche, un frère tué par son neveu… Situés entre la mélancolie d’Otis Redding et le funk de James Brown, les morceaux du chanteur touchent au plus profond de l’âme… Et sur scène, il nous emmène littéralement avec lui, dans sa vie, dans son monde. Et de tous ceux qui étaient là ce dimanche 3 juillet au Main Square, c’était sans doute lui le plus heureux, c’était sans doute lui qui s’amusait le plus… A l’âge où beaucoup se seraient tranquillement assis dans le canapé à regarder Derrick, le « Papy » (puisse-t-il nous pardonner l’injure !), lui, se paye une seconde jeunesse ! Et il en profite même pour passer dans le public pendant 5, 10, 15 minutes… Oh, on ne sait plus combien de temps il est resté à serrer des mains, à embrasser ses fans,… Une vraie histoire d’amour avec le public qui, d’ailleurs, le remercia en formant un cœur avec leurs deux mains au dessus de leurs têtes. Quel beau « Coup De Cœur » ! Chapeau bas, l’artiste…
Puggy : Le Trio Magique !

Le groupe bruxellois Puggy cartonne en ce moment ! En effet, depuis la sortie de leur album « Something You Might Like » en 2010, plus rien n’arrête leur ascension ! D’ailleurs, vous êtes surement déjà tombés sur leur tube « When You Know » sorti l’année dernière et qui déferle sur les ondes radios ! A l’instar de Selah Sue, Puggy nous vient tout droit de Belgique (qui a décidément bien la côte en ce moment, ou la « frite » pour ceux qui aiment les clins d’œil !), même si aucun des membres du groupe n’est originaire du pays. En effet, Mattew, Romain et Ziggy viennent respectivement d’Angleterre, de France, et de Suède. Mais c’est bel et bien dans la capitale européenne (Mattew et Romain s’étaient rencontrés quelques temps auparavant à Anvers) qu’ils décident de fonder leur groupe. Avec une moyenne d’âge ne dépassant pas les 30 ans, Puggy a déjà un beau C.V. : tournée européenne avec Incubus, première partie de Pascale Picard, des Smashing Pumpkins ou encore de Deep Purple, etc. Un parcours parsemé de coups de chance (ils le disent eux-mêmes dans l’interview qu’ils nous ont accordé) qui les ont amenés tout droit à la Green Room du Main Square. Il était donc temps pour nous de voir et d’apprécier à sa juste valeur la prestation scénique de ce groupe dont on nous a temps parlé. Mais ce ne fut pas chose aisée tant il y avait du monde ! Car, sauf à de rares occasions comme pour Selah Sue où l’on pouvait remarquer une légère augmentation de nombre, la Green Room nous avait habitué à une petite foule éparpillée, soit devant les stands, soit devant la scène, soit tranquillement assise dans l’herbe. Mais pour ce dimanche 3 juillet, Bison Futé et la Citadelle avaient vu noir ! Presque 15 minutes pour réussir à trouver un visuel sur la scène, là où il en faut une à deux en temps normal ! Et c’est dans une attente et un frisson presque palpable que Puggy commence son concert. Dans son registre Pop-folk sur vitaminé, Mattew et sa bande ne mettent pas longtemps à emmener la foule. D’ailleurs, ce dernier nous offre quelques très beaux solos de guitare sèche aux accents très flamencos, démontrant par la même occasion qu’il n’est pas seulement un chanteur (très belle voix !) et un pianiste, mais également un très bon guitariste. Romain assure à la basse pendant que Ziggy s’éclate à la batterie, le tout en assurant les chœurs ! Il n’en fallait pas plus pour entraîner le public. On se demandait même, à ce moment là , laquelle des deux scènes était la plus grande (la Green Room n’avait plus rien à envier à la Main Stage). Plus qu’à l’aise sur scène, le groupe se permet même de faire une reprise de « Toxity » de System Of A Down. Les deux ne jouent pourtant pas dans la même cour ! Mais qu’à cela ne tienne, Puggy, par sa diversité musicale et culturelle (les membres ne sont pas de même nationalité), adore jouer dans des registres différents. Et c’est par leur single « When You Know », et après avoir pris le soin de remercier chaleureusement le public venu en nombre les voir, qu’ils terminent leur concert. Une dernière explosion pop, aussi prenante qu’un final de feu d’artifice d'un 14 juillet ! Ils restent, comme Selah Sue, un groupe qui, à notre humble avis, aurait largement mérité d’être sur la Main Stage… Et ils sont belges tous les deux ! Peut être une affaire là -dessous…
+ INTERWIEW: http://www.musique-culture.com/index.php/itw/item/1704-interview-puggy-main-square-2011
P.J Harvey: L’énigmatique!
Depuis ses débuts en 1992, P.J Harvey n’a cessé de nous émouvoir, de nous transporter, et de nous surprendre par sa musique et son univers très particulier. Boudé à ses débuts par le public (bien qu’ayant les faveurs des critiques), elle avait su attendre son heure avec la sortie en 2000 de « Stories From The City, Stories From The Sea », album qui lui valut la reconnaissance général et unanime. Mais Polly Jean n’en a que faire. C’est une artiste qui adore s’écarter des sentiers battus. C’est d’ailleurs en partie de là que vient son charme ! Allez, pour tous ceux qui n’auraient pas encore deviné, cette dame nous vient tout droit de l’ « île aux fous », que les autochtones appellent également Great Britain ! Et oui, cela paraît évident maintenant qu’on vous l’a dit ! Avec une telle facilité dans la création et une étrangeté dans le personnage, on ne pouvait avoir de doute quant à l’origine « so british » de la belle. Décidément, la mère partie du rock n’roll, du punk, et du fish & chips (il ne fallait pas l’oublier !) n’est jamais à court d’idée ! Ni d’artistes !
Dans le cadre de la promo de son dernier album (le huitième) « Let England Shake » sorti le 14 février dernier, P.J Harvey faisait donc partie des têtes d’affiches du Main Square. Et comme à son habitude, PJ Harvey a été l’artiste la plus énigmatique du festival. En effet, on ressort souvent de la fin de ses concerts avec encore plus de questions qu’au début ! Accompagnée de trois musiciens habillés de noirs, la chanteuse portait, quand à elle, une robe blanche et une sorte de serre-tête, dans un style gothique mi-marié, mi-veuve (contraste de noir et de blanc). Dans la vie, tout n’est que détail, et ça, P.J Harvey l’a bien compris. Oscillant d’une chanson à l’autre entre ses guitares et son autoharp (instrument se rapprochant de la cithare autrichienne), elle nous entraîne dans une folk très particulière (qu’est-ce qui n’est pas particulier chez elle !!) vers un autre monde fait d’échos lointains et d’amertume. Et on se sent glissés, lentement… En parfaite harmonie avec son publique, la chanteuse n’a pas eu à s’employer davantage. C’était simplement parfait, unique, inoubliable. On en redemande…
Portishead : La timidité a (encore) du talent !
Ce n’est pas une surprise. Depuis leur succès planétaire en 1995 (« Glory Box »), il n’y a plus besoin de présenter ces légendes du trip-hop. Déjà adulés dès leur premier album (élu meilleur album de l’année par la presse anglo-saxonne), ils vont imposer leur style et leur originalité pendant cinq longues années. Mais après la sortie de leur album live à Roseland, ils décident de mettre leur collaboration entre parenthèse. Il faudra attendre 2008 et la sortie de leur troisième album intitulé « Third » pour les voir revenir aux machines et aux instruments, à la plus grande joie de leurs fans.
Dimanche soir donc, le soleil se couche enfin. L’air se rafraîchit. La Main Stage est maintenant pleine à craquer ! Et oui plus que deux concerts : Portishead et Coldplay, les deux grosses têtes d’affiches ! On se pousse, on s’écrase, on se faufile pour arriver au plus près de la scène. Mais rien à faire. On ne peut plus bouger, que ce soit pour avancer ou pour faire demi-tour. On croise même des canadiens qui sont restés debout toute la journée pour avoir la chance, plus tard, d’approcher les beaux garçons de Coldplay. Mais ne négligeons pas le talent, pourtant incontestable, du groupe fondé par Geoff Barrow et Beth Gibbons. Portishead arrive donc, sur scène, dans la fraîcheur de la nuit. La chanteuse (Beth Gibbons) a eu la bonne idée de garder son manteau. Et oui, pour ces musiciens, pas besoin de se prendre la tête sur des costumes puisque seule la musique compte. Enfin, presque… Car le groupe de trip-hop n’est pas seulement un plaisir pour les oreilles, c’est également un régal pour les yeux. En effet, chaque morceau, chaque mélodie est accompagnée d’un clip vidéo (diffusé sur un écran qui se trouve en arrière plan de la scène). Des basses et une batterie qui vous font vibrer le cœur et les tripes, des images surréalistes et hypnotiques qui défilent au rythme de la musique, et des solos de guitares très « arrangés » (beaucoup d’effets !) pour les oreilles, Portishead a vraiment tout d’une drogue. Heureusement pour nous, elle est encore en vente libre !
Mais le plus touchant dans tout ça, c’est encore la réelle timidité de Beth Gibbons entre les chansons, ne répondant au public que par des sourires gênés, elle qui a pourtant su charmer toutes les scènes du monde de sa voix charismatique. Presque 20 ans de carrière et rester aussi simple et timide malgré le succès, si ça, ça n’est pas du talent !



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