Samedi 19 Mai 2012

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Hugo Kant + Chinese Man @ Le Trianon le 21/04/2012 Radio Moscow : l'interview psychotop ! Interview Groundation : Le retour des virtuoses californiens ! Radio Moscow @ La Grange à Musique le 07/04/2012 Yppah - Eighty One Fake Oddity – French Beauté

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Louis Blanchot

Louis Blanchot

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Samedi, 05 Mai 2012 16:49

Avengers - Joss Whedon

Le dessert. Enfin ! Après une salve de films de qualités pour le moins inégale, voici que se dresse devant nous la pièce montée mastodonte promis par les studios Marvel depuis quelques années : Avengers, ou le film-ultime de super-héros. Ultime puisque à la table du film seront invités pas moins de six représentants de l'übermensch contemporain, pour un barnum débridé déjà promis d'une suite. Plus qu'un crossover, Avengers est un véritable colloque full team réunissant la crème de la crème de tout ce que la boîte de com' Marvel a pu créer de refoulés majuscules de l'Oncle Sam : un playboy milliardaire tout d'acier vêtu, un scientifique mal dans sa peau (tendance géant vert et rayons gamma la peau), un doux patriote 100% ringard, un bucheron scandinave mi-dieu mi-Obélix, une ancienne mercenaire en pleine contrition et un Action Man option flèches explosives. On plaisante bien évidemment. Sauf que Loki, frère de Thor, lui, ne plaisante pas. Il a décidé de foutre d'autor toute l'humanité à genoux (raison invoquée : ce serait dans la nature des hommes d'être des larbins ; en réalité : une rivalité fraternelle très mal digérée, vaguement mis en scène par Kenneth Brannagh entre deux représentations de Shakespeare) et fomente, pour se faire, une invasion extraterrestre par portes des étoiles interposées. Le festin peut débuter.

Comme un petit pied de nez à une institution avec laquelle il ne partage pas grand chose, le dernier film de Rabah Ameur-Zaïmeche s'est laissé découvrir par le public deux jours à peine avant le dévoilement des nominations au César 2012. On a les récompenses qu'on mérite, et c'est ainsi auréolé du solitaire prix Jean Vigo – primant « un réalisateur français distingué pour l'indépendance de son esprit et la qualité de sa réalisation Â» – que Les Chants de Mandrin affirme l'inscription d'un cinéaste occupant une place aussi singulière qu'ambiguë dans le paysage du cinéma français, une place essentielle certes, mais jamais centrale.

Dimanche, 12 Février 2012 15:53

Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres - Guy Ritchie

Après Les Aventures de Tintin et Mission impossible : Protocole fantôme, la réussite de Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres confirme l'éclatante santé d'un cinéma d'action plus que jamais en phase avec la drôle d'époque dont il est le témoin. De film en film, celui-ci remplit en effet son rôle avec une cohérence étonnante : mettre en scène les rapports que les corps de nos héros peuvent entretenir avec le monde tel qu'il est reconfiguré et se reconfigure via les nouvelles technologies. Depuis que Matrix et ses lignes de codes ont envahi Hollywood pour se substituer aux artifices ingénieux mais limités que la réalité physique offrait au genre (cascades, maquettes, trompe-l'oeil, explosifs, etc.), le cinéma d'action semble obsédé par une question : que faire donc de ces corps avec lesquels il semble aujourd'hui possible, spécifiquement, de tout faire ?

Étrangement, c'est en allant s'implanter en Suède, au beau milieu d'une île congelée expirant ses derniers souffles, que le cinéma de David Fincher semble pour la première fois profiter de l'occasion pour faire le point sur la place qu'il peut entretenir dans l'organigramme hollywoodien. Puisque le temps des films cultes est révolu (Seven, The Game, Fight Club), puisque la maturité attendue a apporté ses premiers fruits (Zodiac, The Social Network), un premier bilan s'impose. Qu'est-ce qui finalement intéresse Fincher dans les histoires qu'il met en scène ? Le début de Millénium, dans ce qu'il énonce de son rapport au récit d'origine, y répond avec un manichéisme presque choquant. Première scène : une vague et lugubre conversation téléphonique autour d'un étrange herbier encadré vient exciter l'appétit du connaisseur tout en exhibant le premier signe autour duquel l'intrigue du film viendra s'enrouler – le meurtrier d'une jeune fille continue de hanter un vieil entrepreneur à la retraite, en lui rappelant annuellement via ce cadeau la disparition de sa nièce. Puis, sans transition, un générique venue d'ailleurs : un clip scotchant mais assez ringard – sorte de mélange entre une introduction de James Bond et une pub pour Ipod, le tout inondé par une marée noire numérique rugissant sur une reprise de Led Zeppelin – qui présente un cauchemar sombre et très féminoïde où deux êtres de sexes opposés se dissolvent et se consument dans leur étreinte. Comme trait d'union, deux titres : Les Hommes qui n'aimaient pas les Femmes (versions étrangères), The Girl with the Dragon Tattoo (version US). 

Dans son long métrage On ne devrait pas exister (présenté à La Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2006), HPG essayait de comprendre le temps d'un film comment il pourrait, malgré la singularité outrageante de son corps et de son comportement, s'intégrer au monde du cinéma dit « traditionnel Â». Aussi maladroit dans son insistance qu'insistant dans sa maladresse, il venait buter ad nauseam sur un univers créatif irrémédiablement incompatible avec son excessivité pathologique (il boit et se drogue avec complaisance, refuse de s'inscrire dans une vision modérée des choses, est incapable de baiser comme un vrai amant, etc.). Il n'y a pas de rapport sexuel redistribue peu ou prou les mêmes cartes, sauf que les règles du jeu ont complètement changé.

Mercredi, 11 Janvier 2012 22:13

Take Shelter - Jeff Nichols

Aléa du calendrier français, 2012 s'amorce en distribuant sur ses écrans de cinéma le plus beau film de 2011. Déjà unanimement salué à Deauville et à Cannes où il sut se forger une réputation qui lui promet un beau succès en salle, Take Shelter de Jeff Nichols lance une année placée sous le signe de l'apocalypse avec une assurance aussi terrifiante dans son propos que réjouissante dans sa lucidité. Face aux armadas pompières proposées par Terrence Malick ou Lars von Trier (l'un responsable d'une audacieuse mais interminable messe eschatologique, l'autre d'un irritant apocalypse pour aristocrates), l'ampleur minimaliste toute en retenue de la chronique naturaliste de Nichols ne peut que séduire. Il faut voir comment le film convoque, sans jamais s'appuyer dessus, les propositions les plus intéressantes de l'année dernière (Melancholia et Tree of Life donc, mais aussi l'oraison funèbre de Béla Tarr et son Cheval de Turin, Habemus Papam de Moretti et son ambiance de fin de civilisation, la nature souveraine et impétueuse du Hors-Satan de Dumont, mais aussi celle, interminable et menaçante, de La Dernière Piste de Kelly Reichardt) pour réactiver leur discours sur une ligne fictionnelle d'une limpidité sidérante : une sorte de fiction définitive sur le cinéma de 2011 ou, en tout cas, un sismogramme épuré de ses inquiétudes les plus profondes.

Samedi, 07 Janvier 2012 15:35

17 Filles - Delphine et Muriel Coulin

Parce qu'elles n'ont rien à branler dans une ville de Lorient réduite à ses plages venteuses et ses mouettes braillardes, un groupe de filles plutôt casse cou décide de suivre sa chef de bande dans sa précoce gestation. Pour leur premier long-métrage, Delphine et Muriel Coulin transposent au cinéma cette obscure affaire de pacte nataliste relayée par la presse il y a un peu plus de 3 ans, qui émettait l'hypothèse d'un complot fomenté par des lycéennes de Gloucester (un soi-disant « Lorient du Massachussets Â») afin de tomber enceinte ensemble : en somme, un Virgin Suicides qu'on aurait retourné comme un gant.

Mardi, 03 Janvier 2012 17:55

Hugo Cabret - Martin Scorsese

Parce qu'il n'aurait pas réalisé de chef-d'œuvre depuis plus de quinze ans (en gros, depuis son indépassable Casino), on diagnostique trop souvent à Scorsese une persistante panne d'inspiration. Le constat étonne : pourquoi reprocher à un souverain d'aller perdre sa couronne ailleurs ? Aujourd'hui, il est clair que le cinéaste italo-américain n'est plus ce grand bâtisseur d'épopées virilo-christiques qu'il incarnait jadis avec tant de flamboyance. Néanmoins, on aurait tort de déconsidérer complètement cette volonté légitime qu'affiche son cinéma d'aller se réinventer ailleurs, vers d'autres types de récit, au sein de nouveaux décorums – avec évidemment le risque de quelque peu se perdre en chemin (Shutter Island), voire d'y laisser des plumes (Kundun). Car porté par cette dynamique de changement, Scorsese réalise avec Hugo Cabret un coup de braquet dont il importe de bien mesurer l'importance. En effet, c'est peu dire que l'adaptation du roman illustré de Brian Selznick représente un véritable exode pour le réalisateur de Raging Bull, bien plus habitué aux apparats de la fresque historique pour adultes qu'au terrain de jeu du conte pour enfants. Première surprise : catapultée dans cette terra incognita juvénile, la mise en scène de Scorsese se découvre une énergie sémillante qu'on ne soupçonnait pas. Deuxième surprise : c'est en s'abreuvant avec gourmandise à la source cinéphile du récit (un hommage excentrique au travail de Méliès) que le cinéaste semble puiser cette vitalité nouvelle.

Mardi, 20 Décembre 2011 00:21

Shame - Steve McQueen

Dans un New-York sobrement habillé pour l'hiver, Brandon (Michael Fassebender) est un jeune cadre nageant avec satisfaction dans sa réussite sociale et matérielle. Souvent couché tard et toujours levé tôt, il semble en toutes circonstances aussi élégant et rigide que sa tenue toujours impeccable – quoiqu'une petite peluche, négligemment égarée sur son manteau, est remarquée par sa soeur (Carey Mulligan), qu'on ne saurait tromper longtemps sur les failles déguisées en secrets. Car bien évidemment, cet air de golden boy épanoui affiché par notre héros n'est en fait qu'un paravent ; Brandon, en parfaite victime de la modernité, est un bloc de granit désespéré, il souffre : il est sex addict.

Dimanche, 11 Décembre 2011 22:44

Carnage de Roman Polanski

Au regard de ce qu'on peut connaître de sa vie, de ses évènements passés comme récents, on comprend que Polanski puisse se faire une idée très relative de l'harmonie entre les êtres humains. L'artificialité du vernis civilisationnel est une réalité qui, au premier abord, semble loin d'être théorique chez le cinéaste franco-polonais, son existence comprenant quelques expériences où ce vernis s'est vu sérieusement craqueler. Alors sur la possibilité qu'il ait cultivé ces derniers temps une certaine aigreur et un certain cynisme à ce propos, et qu'il se mette ainsi en tête de les partager dans son nouveau film, on a forcément envie d'avancer : oui, pourquoi pas ?

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