Samedi 19 Mai 2012

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Étrangement, c'est en allant s'implanter en Suède, au beau milieu d'une île congelée expirant ses derniers souffles, que le cinéma de David Fincher semble pour la première fois profiter de l'occasion pour faire le point sur la place qu'il peut entretenir dans l'organigramme hollywoodien. Puisque le temps des films cultes est révolu (Seven, The Game, Fight Club), puisque la maturité attendue a apporté ses premiers fruits (Zodiac, The Social Network), un premier bilan s'impose. Qu'est-ce qui finalement intéresse Fincher dans les histoires qu'il met en scène ? Le début de Millénium, dans ce qu'il énonce de son rapport au récit d'origine, y répond avec un manichéisme presque choquant. Première scène : une vague et lugubre conversation téléphonique autour d'un étrange herbier encadré vient exciter l'appétit du connaisseur tout en exhibant le premier signe autour duquel l'intrigue du film viendra s'enrouler – le meurtrier d'une jeune fille continue de hanter un vieil entrepreneur à la retraite, en lui rappelant annuellement via ce cadeau la disparition de sa nièce. Puis, sans transition, un générique venue d'ailleurs : un clip scotchant mais assez ringard – sorte de mélange entre une introduction de James Bond et une pub pour Ipod, le tout inondé par une marée noire numérique rugissant sur une reprise de Led Zeppelin – qui présente un cauchemar sombre et très féminoïde où deux êtres de sexes opposés se dissolvent et se consument dans leur étreinte. Comme trait d'union, deux titres : Les Hommes qui n'aimaient pas les Femmes (versions étrangères), The Girl with the Dragon Tattoo (version US). 

Publié dans Cinéma