Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres - Guy Ritchie
Après Les Aventures de Tintin et Mission impossible : Protocole fantôme, la réussite de Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres confirme l'éclatante santé d'un cinéma d'action plus que jamais en phase avec la drôle d'époque dont il est le témoin. De film en film, celui-ci remplit en effet son rôle avec une cohérence étonnante : mettre en scène les rapports que les corps de nos héros peuvent entretenir avec le monde tel qu'il est reconfiguré et se reconfigure via les nouvelles technologies. Depuis que Matrix et ses lignes de codes ont envahi Hollywood pour se substituer aux artifices ingénieux mais limités que la réalité physique offrait au genre (cascades, maquettes, trompe-l'oeil, explosifs, etc.), le cinéma d'action semble obsédé par une question : que faire donc de ces corps avec lesquels il semble aujourd'hui possible, spécifiquement, de tout faire ?
Hugo Cabret - Martin Scorsese
Parce qu'il n'aurait pas réalisé de chef-d'œuvre depuis plus de quinze ans (en gros, depuis son indépassable Casino), on diagnostique trop souvent à Scorsese une persistante panne d'inspiration. Le constat étonne : pourquoi reprocher à un souverain d'aller perdre sa couronne ailleurs ? Aujourd'hui, il est clair que le cinéaste italo-américain n'est plus ce grand bâtisseur d'épopées virilo-christiques qu'il incarnait jadis avec tant de flamboyance. Néanmoins, on aurait tort de déconsidérer complètement cette volonté légitime qu'affiche son cinéma d'aller se réinventer ailleurs, vers d'autres types de récit, au sein de nouveaux décorums – avec évidemment le risque de quelque peu se perdre en chemin (Shutter Island), voire d'y laisser des plumes (Kundun). Car porté par cette dynamique de changement, Scorsese réalise avec Hugo Cabret un coup de braquet dont il importe de bien mesurer l'importance. En effet, c'est peu dire que l'adaptation du roman illustré de Brian Selznick représente un véritable exode pour le réalisateur de Raging Bull, bien plus habitué aux apparats de la fresque historique pour adultes qu'au terrain de jeu du conte pour enfants. Première surprise : catapultée dans cette terra incognita juvénile, la mise en scène de Scorsese se découvre une énergie sémillante qu'on ne soupçonnait pas. Deuxième surprise : c'est en s'abreuvant avec gourmandise à la source cinéphile du récit (un hommage excentrique au travail de Méliès) que le cinéaste semble puiser cette vitalité nouvelle.
Contagion - Steven Soderbergh
Pour le dernier film de Steven Soderbergh, nous avons pris la décision de publier deux critiques. Habituellement, lorsque cela se fait dans une rédaction, c'est pour confronter deux avis foncièrement différents sur le modèle du "pour" et du "contre". Ici, nous sommes d'accord sur le fond, sur la qualité du film, l'enjeu est ailleurs. "Contagion" est un film très riche et vous n'aurez pas trop de deux articles pour comprendre les différents aspects qui fondent cette oeuvre et la situe dans une problématique très actuelle. Nous avons décidés de ne pas modifier nos textes malgré cette double publication exceptionnelle, vous verrez ainsi des répétitions qui prouvent que l'on a bien vu le même film, mais surtout des angles d'approches multiples qui saurons exciter le cinéphile qui est en vous.



Derniers Commentaires