(DVD) The Ward - John Carpenter
La sortie en "direct to DVD" de The Ward a reçu un accueil mitigé. Fait surprenant au regard du prestige dont jouit John Carpenter, pape du cinéma d'horreur des années 70 qui ont vu naître Tobe Hooper, Wes Craven et George A. Romero. Celui que ses compatriotes surnomment affectueusement Big John, s'était démarqué par des films brûlots : Invasion Los Angeles, New York 1997 ou encore Halloween, qui ne perdaient jamais de vue l'efficacité narrative. Hormis quelques irréductibles, dont Mad Movies, la critique -qui a réhabilité le cinéaste il y a une dizaine d'années- a gardé à propos de The Ward un silence poli ou affiché un certain mépris. John Carpenter n'aurait plus la foi ; ce dernier film serait une œuvre mineure. Sentant le vent tourner, les distributeurs n'ont pas pris le risque d'une sortie en salle. The Ward, film d’horreur pantouflard? Oui pour celui qui espère de grands moments d'angoisse ; au mieux il tressautera. Non, pour celui qui au-delà du film de genre, perçoit la dénonciation du déni de l'Amérique quant à ses faiblesses.
Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres - Guy Ritchie
Après Les Aventures de Tintin et Mission impossible : Protocole fantôme, la réussite de Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres confirme l'éclatante santé d'un cinéma d'action plus que jamais en phase avec la drôle d'époque dont il est le témoin. De film en film, celui-ci remplit en effet son rôle avec une cohérence étonnante : mettre en scène les rapports que les corps de nos héros peuvent entretenir avec le monde tel qu'il est reconfiguré et se reconfigure via les nouvelles technologies. Depuis que Matrix et ses lignes de codes ont envahi Hollywood pour se substituer aux artifices ingénieux mais limités que la réalité physique offrait au genre (cascades, maquettes, trompe-l'oeil, explosifs, etc.), le cinéma d'action semble obsédé par une question : que faire donc de ces corps avec lesquels il semble aujourd'hui possible, spécifiquement, de tout faire ?



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