Elena - Andrei Zviaguintsev
Le film social est souvent associé à une mise en scène dite réaliste, sensée aller au plus près de la vérité par des effets visuels dont la simplicité ou la brutalité, loin de l’esthétisme qui transfigure le réel, en rendent la sensation exacte, le parfait simulacre. Elena, troisième film du très prometteur Andrei Zviaguintsev, aborde le problème différemment. Ce que le style naturaliste peut restituer à l’écran, c’est le réel dans sa dimension événementielle, une succession de faits qui débouche sur le constat de telle ou telle réalité sociale (Les Neiges du Kilimandjaro de Robert Guédiguian) ou humaine (38 Témoins de Lucas Belvaux). Ces deux réalités sont toujours liées, mais rarement à valeur égale ; si la première est la cause, la seconde est la conséquence et vice-versa. Elena n’établit pas ce rapport de causalité. Le film part d’un postulat tout autre. Comportement social et nature humaine sont travaillés de l'intérieur par la dimension temporelle. Elena est un film sur le temps, sur la durée.
J. Edgar - Clint Eastwood
Nombre de critiques s'accordent à dire qu'avec Gran Torino, Clint Eastwood aurait signé son œuvre testamentaire. Peut-être parce que ce personnage âpre et ambigu, macho et tendre, souvent torturé, qu’il a porté tout au long de sa fabuleuse filmographie était absent de ses deux derniers films, les mélos contestés Invictus et Au-delà . Mais voici J. Edgar. De toute évidence, il ne s’agit pas d’un film parfait. Eastwood n’a pas retrouvé la force de Gran Torino. Mais il s’agit d’un film troublant, sur l’Amérique, son histoire et sur son policier le plus redoutable. Troublant aussi, car dans ce J. Edgar, véritable Dirty Harry de l’administration, se cache un homme qui n’est pas sans rappeler le cinéaste lui-même.



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