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Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres - Guy Ritchie Chill Bump - Starting From Scratch EP Speech Debelle - Freedom of Speech Lana Del Rey – Born To Die Millénium Lianne La Havas - Lost & Found

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Cinéma

Vendredi, 17 Février 2012 14:45

(DVD) The Ward - John Carpenter

Écrit par Vincent Lesage

La sortie en "direct to DVD" de The Ward a reçu un accueil mitigé. Fait surprenant au regard du prestige dont jouit  John Carpenter, pape du cinéma d'horreur des années 70 qui ont vu naître Tobe Hooper, Wes Craven et George A. Romero. Celui que ses compatriotes surnomment affectueusement Big John, s'était démarqué par des films brûlots : Invasion Los Angeles, New York 1997 ou encore Halloween, qui ne perdaient jamais de vue l'efficacité narrative. Hormis quelques irréductibles, dont Mad Movies, la critique -qui a réhabilité le cinéaste il y a une dizaine d'années- a gardé à propos de The Ward un silence poli ou affiché un certain mépris. John Carpenter n'aurait plus la foi ; ce dernier film serait une œuvre mineure. Sentant le vent tourner, les distributeurs n'ont pas pris le risque d'une sortie en salle. The Ward, film d’horreur pantouflard? Oui pour celui qui espère de grands moments d'angoisse ; au mieux il tressautera. Non, pour celui qui au-delà du film de genre, perçoit la dénonciation du déni de l'Amérique quant à ses faiblesses.

Dimanche, 12 Février 2012 15:53

Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres - Guy Ritchie

Écrit par Louis Blanchot

Après Les Aventures de Tintin et Mission impossible : Protocole fantôme, la réussite de Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres confirme l'éclatante santé d'un cinéma d'action plus que jamais en phase avec la drôle d'époque dont il est le témoin. De film en film, celui-ci remplit en effet son rôle avec une cohérence étonnante : mettre en scène les rapports que les corps de nos héros peuvent entretenir avec le monde tel qu'il est reconfiguré et se reconfigure via les nouvelles technologies. Depuis que Matrix et ses lignes de codes ont envahi Hollywood pour se substituer aux artifices ingénieux mais limités que la réalité physique offrait au genre (cascades, maquettes, trompe-l'oeil, explosifs, etc.), le cinéma d'action semble obsédé par une question : que faire donc de ces corps avec lesquels il semble aujourd'hui possible, spécifiquement, de tout faire ?

Étrangement, c'est en allant s'implanter en Suède, au beau milieu d'une île congelée expirant ses derniers souffles, que le cinéma de David Fincher semble pour la première fois profiter de l'occasion pour faire le point sur la place qu'il peut entretenir dans l'organigramme hollywoodien. Puisque le temps des films cultes est révolu (Seven, The Game, Fight Club), puisque la maturité attendue a apporté ses premiers fruits (Zodiac, The Social Network), un premier bilan s'impose. Qu'est-ce qui finalement intéresse Fincher dans les histoires qu'il met en scène ? Le début de Millénium, dans ce qu'il énonce de son rapport au récit d'origine, y répond avec un manichéisme presque choquant. Première scène : une vague et lugubre conversation téléphonique autour d'un étrange herbier encadré vient exciter l'appétit du connaisseur tout en exhibant le premier signe autour duquel l'intrigue du film viendra s'enrouler – le meurtrier d'une jeune fille continue de hanter un vieil entrepreneur à la retraite, en lui rappelant annuellement via ce cadeau la disparition de sa nièce. Puis, sans transition, un générique venue d'ailleurs : un clip scotchant mais assez ringard – sorte de mélange entre une introduction de James Bond et une pub pour Ipod, le tout inondé par une marée noire numérique rugissant sur une reprise de Led Zeppelin – qui présente un cauchemar sombre et très féminoïde où deux êtres de sexes opposés se dissolvent et se consument dans leur étreinte. Comme trait d'union, deux titres : Les Hommes qui n'aimaient pas les Femmes (versions étrangères), The Girl with the Dragon Tattoo (version US). 

Vendredi, 20 Janvier 2012 14:53

La Taupe - Tomas Alfredson

Écrit par Raph

Tomas Alfredson s’est connaître de la scène internationale en réalisant le très beau Morse, film de vampires mettant en scène des enfants, magnifiquement remaké par Matt Reeves sous le titre Laisse-moi entrer. Il réalise ici son premier film en langue anglaise, adapté d’un roman de John Le Carré, mettant en scène de grands acteurs tels que Gary Oldman ou Colin Firth.

Jeudi, 19 Janvier 2012 13:00

Les Neiges du Kilimandjaro - Robert Guédiguian

Écrit par Alan Durand

Depuis trois ans, nous assistons en spectateurs curieux et impuissants, un peu inquiets et un peu excités, à l’avènement de deux apocalypses. La première intervient en 2008 et plonge le monde occidental en crise sans jamais cesser d'envoyer régulièrement des répliques. La seconde, progressivement implantée dans l'imaginaire collectif est une interprétation du calendrier Maya qui prévoit la fin du monde le 21 Décembre 2012. Le cinéma s'empare rapidement des ces deux chaos annoncés et en propose, selon différentes aspirations, un miroir en forme de fin du monde soit littérale (2012, Mélancholia,), concrète (Cleveland contre Wall Street) ou plus métaphorique (A Serious Man, Take Shelter et maintenant le film qui nous intéresse, Les Neiges du Kilimandjaro).

Dans son long métrage On ne devrait pas exister (présenté à La Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2006), HPG essayait de comprendre le temps d'un film comment il pourrait, malgré la singularité outrageante de son corps et de son comportement, s'intégrer au monde du cinéma dit « traditionnel ». Aussi maladroit dans son insistance qu'insistant dans sa maladresse, il venait buter ad nauseam sur un univers créatif irrémédiablement incompatible avec son excessivité pathologique (il boit et se drogue avec complaisance, refuse de s'inscrire dans une vision modérée des choses, est incapable de baiser comme un vrai amant, etc.). Il n'y a pas de rapport sexuel redistribue peu ou prou les mêmes cartes, sauf que les règles du jeu ont complètement changé.

Mercredi, 18 Janvier 2012 15:35

J. Edgar - Clint Eastwood

Écrit par Vincent Lesage

Nombre de critiques s'accordent à dire qu'avec Gran Torino, Clint Eastwood aurait signé son œuvre testamentaire. Peut-être parce que ce personnage âpre et ambigu, macho et tendre, souvent torturé, qu’il a porté tout au long de sa fabuleuse filmographie était absent de ses deux derniers films, les mélos contestés Invictus et Au-delà. Mais voici J. Edgar. De toute évidence, il ne s’agit pas d’un film parfait. Eastwood n’a pas retrouvé la force de Gran Torino. Mais il s’agit d’un film troublant, sur l’Amérique, son histoire et sur son policier le plus redoutable. Troublant aussi, car dans ce J. Edgar, véritable Dirty Harry de l’administration, se cache un homme qui n’est pas sans rappeler le cinéaste lui-même.

Mercredi, 11 Janvier 2012 22:13

Take Shelter - Jeff Nichols

Écrit par Louis Blanchot

Aléa du calendrier français, 2012 s'amorce en distribuant sur ses écrans de cinéma le plus beau film de 2011. Déjà unanimement salué à Deauville et à Cannes où il sut se forger une réputation qui lui promet un beau succès en salle, Take Shelter de Jeff Nichols lance une année placée sous le signe de l'apocalypse avec une assurance aussi terrifiante dans son propos que réjouissante dans sa lucidité. Face aux armadas pompières proposées par Terrence Malick ou Lars von Trier (l'un responsable d'une audacieuse mais interminable messe eschatologique, l'autre d'un irritant apocalypse pour aristocrates), l'ampleur minimaliste toute en retenue de la chronique naturaliste de Nichols ne peut que séduire. Il faut voir comment le film convoque, sans jamais s'appuyer dessus, les propositions les plus intéressantes de l'année dernière (Melancholia et Tree of Life donc, mais aussi l'oraison funèbre de Béla Tarr et son Cheval de Turin, Habemus Papam de Moretti et son ambiance de fin de civilisation, la nature souveraine et impétueuse du Hors-Satan de Dumont, mais aussi celle, interminable et menaçante, de La Dernière Piste de Kelly Reichardt) pour réactiver leur discours sur une ligne fictionnelle d'une limpidité sidérante : une sorte de fiction définitive sur le cinéma de 2011 ou, en tout cas, un sismogramme épuré de ses inquiétudes les plus profondes.

Mercredi, 11 Janvier 2012 00:00

Malveillance - Jaume Balaguero

Écrit par Raph

 

 

Jaume Balaguero fait partie de l’une des figures de proue du cinéma fantastique espagnol actuel. Après avoir réalisé La Secte sans Nom ou Darkness, le réalisateur nous avait fait frissonner aux côtés de Paco Plaza avec le magistral REC et sa suite REC². Il revient avec Malveillance, non pas un film fantastique cette fois-ci, mais un vrai thriller, tendu et magistral.

Samedi, 07 Janvier 2012 15:35

17 Filles - Delphine et Muriel Coulin

Écrit par Louis Blanchot

Parce qu'elles n'ont rien à branler dans une ville de Lorient réduite à ses plages venteuses et ses mouettes braillardes, un groupe de filles plutôt casse cou décide de suivre sa chef de bande dans sa précoce gestation. Pour leur premier long-métrage, Delphine et Muriel Coulin transposent au cinéma cette obscure affaire de pacte nataliste relayée par la presse il y a un peu plus de 3 ans, qui émettait l'hypothèse d'un complot fomenté par des lycéennes de Gloucester (un soi-disant « Lorient du Massachussets ») afin de tomber enceinte ensemble : en somme, un Virgin Suicides qu'on aurait retourné comme un gant.

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