Cela fait maintenant plus de deux ans que le Dirty South Crew d’Amiens ne cessent de grimper les échelons, un par un avec une rapidité fulgurante. Parti de rien en 2006 (2 chanteurs et un violon de temps à autres), le groupe n’a trouvé sa forme parfaite qu’en 2009, après que deux guitaristes, un bassiste, un saxophoniste, un batteur et une chanteuse soient venus compléter la tableau. En tout, neuf musiciens aux styles musicaux plutôt variés, et à première vue pas forcément compatibles. Mais l’envi de jouer ensemble prenant le pas sur les différentes aspirations personnelles, D.S.C. écume pendant près de deux ans bars, cafés-concerts et petits festivals locaux avec une énergie telle qu’il ne faut que très peu de temps avant qu’on ne les remarque ! Et puis, une troupe de neuf musiciens, ça ne passe jamais inaperçu ! Certaines portes commencent à s’ouvrir, on les invite dans des festivals de plus grande envergure, on les réclame dans des grosses soirées étudiantes, on commence à parler d’eux en dehors des frontières picardes… Bref, la machine est en marche. La suite, beaucoup de jeunes amiènois la connaissent, plusieurs gros concerts à la Lune Des Pirates et à la Vache Verte, et dernier exploit en date : une présence au Picardie Mouv’ en première partie de Asian Dub Foundation, Selah Sue, Groundation et Danakil (voir notre live-report : http://www.musique-culture.com/index.php/concerts/item/1957-deux-jours-au-picardie-mouv ). Les petits amiènois sont devenus grands, et il est venu le temps pour eux de passer à la prochaine étape : un premier album !
Chose dite, chose faite ! Prévu depuis de long mois, l’album est, comme prévu, sorti hier. Et, puisqu’ils ne font jamais rien à moitié, un concert (complet depuis quelques jours) avait d’ailleurs été organisé pour l’occasion hier soir à la Lune Des Pirates où l’album était en vente, ainsi qu’un show-case à la Fnac en fin d’aprèm. L’album est composé de 12 chansons (11 + un interlude), certaines, rythmées et puissantes, déjà jouées lors de leur différents concerts, et d’autres nouvelles, plus intimistes. On retrouve bien évidemment leur tube « Senorita » (ci-dessous), ou les classiques « Milli-Milli » (ragga/dancehall), « Murderer » (un petit ska avec solo de guitare en intro), « In Vitro » (mélange funk/ hip-hop avec une belle intro au violon) et « Delta Sierra Charlie » (rock/hip-hop), que vous pouvez écouter gratuitement sur leur site : www.dscofficiel.com. Mais l’album contient aussi quelques nouveautés : dans un style pas si éloigné des autres, les chansons « Stop Frère » et « Kamasutra » (on ne l’invente pas !) naviguent aux frontières du ska et du hip-hop. Le riff de « Hey Miss » rappelle plus, quand à lui, les rythmes chauds et suave italo-espagnols. Enfin, et puisqu’on se réserve toujours le meilleur pour la fin, on ne peut vous quitter sans vous présenter d’une part « Unity », où les 3 chanteurs prennent congés pour laisser place à un invité de marque : Martin Lutherking (la musique a été composé autour de son plus célèbre discours) ; et de l’autre « Sometimes », petite ballade aux accents bossanova accompagnée par la voix magnifique de Myriam, trop souvent sous-exploitée à notre humble avis ! C’est cette dernière chanson qui a retenue notre attention tant la beauté, la simplicité et la pureté du morceau vous transperce !
Pour un premier pas, D.S.C. nous livre un album de bien belle facture. Certains pourront trouver que leurs nombreuses influences musicales plombent parfois leurs chansons (des mariages improbables pas forcément faciles à suivre). Mais après tout, c’est bien là l’esprit même du groupe: tout faire pour mélanger le funk, le ragga/dancehall, le hip-hop et… Le violon ! (une sorte de démocratie musicale à la proportionnelle ?). Alors rien que pour ça, leur album mérite d’être connu ! Et écouté, en attendant le prochain concert…



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